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Un mois et demi après le début de la grève reconductible contre le projet de retraite à points, les cheminotes et les cheminots ne désarment pas. Même si la grève entamée le 5 décembre dernier s’est largement érodée à la SNCF, rien ne prédit une fin de conflit rapide… et les grévistes de la SNCF comptent bien prendre part à la mobilisation jusqu’au bout !

Une grève sans aucune trêve

Depuis près d’un mois, le gouvernement et les directions syndicales de la CFDT et de l’UNSA annoncent la fin imminente de la mobilisation mais la mobilisation s’est poursuivie, déjouant toutes les tentatives de déminage et de division (mesures sectorielles, report de l’âge pivot…)

Cette grève qui a débuté avec un nombre de grévistes très majoritaire a perdu de sa vitalité au fil des semaines mais est redevenue majoritaire à l’occasion de la journée de mobilisation interprofessionnelle du 9 janvier, au 36ème jour de grève, c’est la preuve de son encrage et de la détermination des grévistes.

C’est aussi la (re)découverte que lorsque la mobilisation est majoritaire il est possible de bloquer réellement la production malgré les entraves au droit de grève. [1]

Une mobilisation interprofessionnelle réelle… mais pas généralisée

La grève générale du 9 janvier était très attendue des cheminotes et cheminots en grève, et si cette date n’a pas été le point de départ d’un embrasement généralisé, toutes les assemblées générales de grévistes ont fait le constat d’un réel investissement de nombreux secteurs professionnels et d’une visibilité de la grève et des blocages dans de nombreux secteurs professionnels.

Si la longueur du conflit, et les retenues de salaires correspondantes, rendent difficilement envisageable une remobilisation massive de la grève reconductible à la SNCF, la tonalité des dernières assemblées générales ne ressemblait en rien à une fin de mobilisation.

Les actions interprofessionnelles quasi-quotidiennes, les sondages d’opinion favorables aux grévistes, le volontarisme de nombreuses équipes syndicales qui restent en grève et continuent le travail de mobilisation laissent présager d’une forte remobilisation à l’occasion du 24 janvier, à l’occasion du conseil des ministres qui examinera le projet de loi.

Ce mouvement inédit aura déjà permis de par sa visibilité et sa durée d’occuper le terrain politique et d’acculer le gouvernement. Malgré le déficit d’implantations syndicales et de combativité de nombreuses structures syndicales, les nombreux liens tissés localement au plan interprofessionnels pourront permettre de dynamiser l’action syndicale dans de nombreux territoires.

La mobilisation interprofessionnelle entamée le 5 décembre n'est donc pas finie, et quelles que soient les formes qu’elle prendra dans les semaines à venir, les cheminotes et les cheminots continueront à y prendre toute leur place !

Le Rail déchaîné, 21 janvier 2020

[1] Cela n’était plus arrivé à la SNCF depuis la grève de 2007 (entretemps la loi sur la “continuité du service public” a imposé à de nombreuses catégories de personnel de déclarer son intention de faire grève 48h à l’avance ce qui permet à l’entreprise de réaffecter les non-grévistes pour faire circuler un maximum de trains).

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