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Il s’appelait Eyad al-Halaq, il avait 32 ans. Eyad était autiste. Samedi 29 mai, il se rendait à l’école spécialisée qu’il fréquentait. Palestinien de Jérusalem, il vivait sous occupation depuis sa naissance. La brutalité de l’armée d’occupation était son quotidien depuis sa plus tendre enfance. La sauvagerie de cette armée raciste aura fauché sa vie.

Interpellé par les soldats, il s’est enfui, effrayé : ils l’ont « neutralisé » comme ils savent le faire en lui tirant dessus pour tuer. Ils avaient soi-disant pris son téléphone portable pour une arme et donc identifié Eyad comme terroriste. Palestinien égal terroriste, c’est un des items israéliens. L’éducatrice d’Eyad, présente à ses côtés, avait pourtant informé les soldats de cette armée qui se proclame la plus morale du monde qu’il était autiste. « Soudain, ils ont tiré trois balles sur lui, sous mes yeux », a-t-elle déclaré à Channel 13. « J’ai crié : "Ne tirez pas." Ils n’ont pas écouté, ils ne voulaient pas entendre. »

M...

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Foyers, CRA, Sans-papiers : « Pour ces populations la crise sanitaire actuelle est en train de devenir une véritable bombe sanitaire ». Plus de 170 organisations dont l’UCL appellent à une journée de manifestations le samedi 30 mai : « ces exigences de justice et d’égalité sont aussi d’impérieuses nécessités sanitaires hors desquelles tous les discours contre la propagation du coronavirus sont vains ».

Dans les foyers surpeuplés et abandonnés, aucune distanciation physique n’est possible. Le virus risque de se propager sans frein. C’est aussi le cas dans les centres de rétention, et à cela s’ajoutent la violence répressive et l’angoisse. Pour les migrantEs à la rue, c’est la faim, l’insécurité sociale et sanitaire.

Ajoutons à cela que les sans-papiers sont sans droits, sans revenus et sans espoir d’accès aux allocations proposées par l’Etat. Pour elles et pour eux, il n’y a pas d’accès gratuit aux soins et pas d’autre possibilité pour survivre que de chercher des moy...

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« Nous sommes en guerre. » Macron a répété plusieurs fois cette phrase, lors de son allocution le 16 mars, celle où il annonçait le confinement sanitaire qui nous concerne toutes et tous. Ce leitmotiv a depuis été repris par l’ensemble du gouvernement et les journalistes les plus zélés. Dans un contexte particulièrement anxiogène, chacun·e est appelé·e officiellement à contribuer à l’« effort », à « faire des sacrifices ». Pour l’instant, ce que nous pouvons observer dans cette injonction patriotique, c’est que les efforts sont pour le moins à deux vitesses.

Alors que les révélations sur l’impréparation du gouvernement, ses décisions aberrantes s’enchaînent, les premières mesures de crises semblent loin des préoccupations sanitaires : injonctions contradictoires (pas de balade au parc, mais toutes et tous au travail !), destructions des droits sociaux contre protections du grand Capital, fuite des classes privilégiées contre pressurisation des quartiers populaires.

Même en périod...

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Un cinquième de la population indienne dans la rue (250 millions), des universités attaquées par des milices fascistes à la solde du BJP, la mise en péril volontaire des Indiens et Indiennes de religion musulmane, le Citizenship Amendment Act (CAA) vise à « ré-indianiser » un pays dont toute l’histoire brille pourtant de la cohabitation de ses diversités. Modi va plus loin qu’aucun autre pays aux mains de l’extrême droite.

Il y a un an exactement, Modi, le sinistre Premier ministre indien avait déjà mis le pays dans la rue quand il s’est attaqué aux droits syndicaux (lire AL de février 2019). Depuis décembre des mouvements de protestation éclatent de partout pour empêcher que la dernière infâmie du Bharatiya Janata Party (BJP) ne se réalise et prive de leurs droits les ressortissants musulmanes de trois états indiens et ne poursuive le travail d’humiliation de cette communauté, qui représente 14 % du pays.

En décembre 2019, le gouvernement indien a amendé le CAA, une loi précéd...

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Dans le cadre de la campagne Technopolice sur la surveillance numérique de nos vies, quel sera le devenir des frontières  ? Le remplacement des contrôles humains par des vérifications automatiques basées sur la collecte d’informations ou sur la reconnaissance faciale, bien loin d’éliminer les biais, rend les frontières particulièrement discriminantes.

Nous faisons la queue depuis un moment déjà pour passer les douanes à l’aéroport, les valises dans une main, le passeport et le billet dans l’autre. Nous avançons lentement vers les portiques automatisés qui ont remplacé les contrôleurs, et les autres voyageurs s’impatientent. La foule dirige soudain son attention vers l’un des portiques : celui-ci refuse de s’ouvrir et deux policiers demandent au passager refoulé – un homme arabe, la quarantaine, l’air aussi surpris qu’inquiet – de bien vouloir les suivre. L’homme en question n’a absolument rien à se reprocher et on imagine aisément son malaise et ce qu...

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